La réglementation énergétique : comprendre, articuler, anticiper
- 24 févr.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 févr.
Introduction
La réglementation énergétique applicable au secteur immobilier tertiaire s’est considérablement densifiée au cours des dernières années. Le Décret Tertiaire, le Décret BACS, la loi APER et la loi DDADUE illustrent l’ambition des pouvoirs publics de réduire les consommations, renforcer le pilotage énergétique et accélérer le déploiement des énergies renouvelables. Ces textes s’ajoutent à la trajectoire fixée par la RE2020, qui constitue aujourd’hui le cadre général d’amélioration de la performance environnementale du bâtiment en France.
Pour les acteurs immobiliers, cet empilement réglementaire génère un risque réel de perte de lisibilité. L’enjeu ne réside plus seulement dans la conformité, mais dans la capacité à articuler des obligations aux périmètres hétérogènes, à organiser les données nécessaires au suivi et à piloter un patrimoine sur le long terme. Dans ce contexte, la compréhension transversale de ces textes devient indispensable pour concevoir une stratégie énergétique cohérente et opérationnelle.
C’est précisément dans cette logique que s’inscrit l’accompagnement d’ELAN, dont l’objectif est de lever les freins réglementaires et de transformer les obligations en leviers d’anticipation, d’aide à la décision et de performance énergétique.
1. Le Décret BACS : structurer le pilotage énergétique par la GTB
Le Décret BACS trouve son origine dans la directive européenne relative à la performance énergétique des bâtiments, dite EPBD. Il vise à renforcer l’automatisation et le contrôle technique des bâtiments tertiaires, en imposant l’installation d’un système de gestion technique du bâtiment (GTB) dès lors que la puissance nominale utile des systèmes de chauffage ou de climatisation dépasse 70 kW.
Cette obligation s’applique :
aux constructions neuves, dès lors que le seuil de 70 kW est atteint ;
aux bâtiments existants, selon deux paliers :
• puissance > 290 kW : obligation applicable depuis 2025 ;
• puissance entre 70 et 290 kW : obligation à compter du 1er janvier 2030.
Au‑delà de l’obligation d’installation, le Décret BACS introduit une exigence qualitative en imposant une GTB de classe A ou B, conformément aux normes NF EN 15232 et ISO 52120‑1. Cette exigence structure l’organisation des données techniques du bâtiment et favorise une meilleure compréhension des usages, indispensable au pilotage énergétique moderne. Elle constitue également un appui à la mise en œuvre du Décret Tertiaire, qui repose sur un suivi annuel précis et fiable des consommations.
💡 Pour les maîtres d’ouvrage, les principaux freins résident dans la gestion d’un parc hétérogène, la planification des investissements et l’intégration des nouveaux systèmes dans les pratiques opérationnelles. La capacité à articuler les décisions techniques, budgétaires et réglementaires devient alors essentielle. |
2. Le Décret Tertiaire : inscrire la performance énergétique dans la durée
Le Décret Tertiaire, également appelé Dispositif Éco Énergie Tertiaire, constitue aujourd’hui l’un des piliers de la politique nationale de réduction des consommations. Il s’applique à tous les bâtiments, parties de bâtiments ou ensembles de bâtiments à usage tertiaire d’une surface supérieure ou égale à 1 000 mètres carrés, qu’ils relèvent du secteur public ou privé. Les propriétaires, mais aussi les preneurs à bail, sont concernés.
Le décret prévoit une réduction progressive des consommations finales selon deux méthodes. La méthode relative impose une diminution de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à une année de référence. La méthode absolue repose sur un seuil exprimé en kilowatt‑heure d’énergie finale par mètre carré, fixé selon l’usage du bâtiment. Les consommations doivent être déclarées annuellement sur la plateforme OPERAT, qui assure le suivi et la vérification du respect de la trajectoire.
Au‑delà des obligations, le Décret Tertiaire impose une rigueur accrue dans la gestion des données énergétiques, la formalisation de plans d’action et la cohérence des interventions techniques. Il nécessite une articulation forte avec les actions issues du Décret BACS, car la qualité et la disponibilité des données sont des conditions essentielles de conformité.
3. La loi APER : intégrer les énergies renouvelables dans les stratégies immobilières
Promulguée en 2023, la loi APER vise à accélérer la production d’énergies renouvelables, notamment dans le secteur immobilier. Elle introduit des obligations de couverture en toiture, dont les taux augmentent progressivement selon les typologies d’ouvrages et les surfaces concernées. Les opérations de rénovation ou de construction doivent intégrer ces exigences afin d’assurer une cohérence réglementaire et technique.
La loi introduit également une obligation d’ombrage pour les parkings extérieurs de plus de 1 500 mètres carrés, par l’installation d’ombrières photovoltaïques ou de solutions végétalisées. Afin d’apporter une souplesse dans l’application de cette obligation et de permettre un mix entre ces deux solutions, la loi dite Huwart est venue compléter le dispositif en autorisant explicitement la combinaison des ombrières photovoltaïques et des aménagements végétalisés. Pour les acteurs immobiliers, ces obligations doivent être anticipées pour garantir la faisabilité technique, optimiser les coûts et éviter les incohérences entre contraintes réglementaires, potentiel solaire et structure du bâtiment.
4. La loi DDADUE : structurer la performance énergétique des entreprises
Promulguée en 2025, la loi DDADUE modifie les critères d’assujettissement aux audits énergétiques réglementaires. Désormais, l’obligation repose sur les niveaux de consommation annuelle. Les entreprises consommant au moins 2,75 GWh/an doivent réaliser un audit énergétique tous les quatre ans, avec une première échéance au 11 octobre 2026. Les entreprises qui dépassent 23,6 GWh/an doivent mettre en place un système de management de l’énergie (ISO 50001) avant le 11 octobre 2027.
La loi introduit également un inventaire public de conformité, renforçant la transparence et la visibilité des démarches énergétiques. Pour les organisations multisites, cette évolution renforce la nécessité de structurer des données homogènes, d’harmoniser les pratiques et de coordonner l’ensemble des dispositifs obligatoires.
Anticiper les échéances pour structurer une vision long terme
Les différentes obligations réglementaires s’inscrivent dans une trajectoire temporelle complexe, où les échéances 2026, 2030, 2040 et 2050 se superposent. Anticiper ces échéances permet de lisser les investissements, d’optimiser la gestion des consommations et de construire une stratégie cohérente entre actions bâtimentaires, solutions de pilotage, gains énergétiques et déploiement d’énergies renouvelables.
Dans ce cadre, la réglementation devient un outil structurant au service de la performance énergétique et de la maîtrise budgétaire. Elle permet d’organiser la trajectoire patrimoniale, de renforcer la lisibilité des actions et d’améliorer durablement la performance des actifs.
L’accompagnement ELAN : transformer la contrainte réglementaire en levier stratégique Face à cet empilement de textes, l’accompagnement d’ELAN repose sur une analyse transversale des obligations et sur la construction d’une stratégie énergétique cohérente. L’objectif est d’identifier les périmètres d’assujettissement, d’organiser les données, de consolider les consommations par poste réglementaire et de clarifier les priorités d’action. L’approche d’ELAN consiste à dépasser une vision strictement réglementaire. Elle vise à structurer une trajectoire énergétique pilotable, intégrant les dimensions techniques, financières et calendaires. Les équipes accompagnent également la mise en œuvre opérationnelle, qu’il s’agisse de déployer une GTB conforme au Décret BACS, de fiabiliser les données pour le Décret Tertiaire, d’analyser les potentiels EnR au titre de la loi APER ou de structurer une démarche ISO 50001 en réponse à la loi DDADUE. Cette démarche permet aux maîtres d’ouvrage de sécuriser leur conformité tout en valorisant la performance de leur patrimoine. |
Conclusion
Dans un environnement réglementaire en constante évolution, la compréhension transversale des dispositifs énergie constitue un enjeu stratégique pour les acteurs immobiliers. En accompagnant ses clients dans la lecture des obligations, leur articulation opérationnelle et leur intégration dans des plans d’action cohérents, ELAN contribue à lever les freins réglementaires et à transformer la contrainte en levier de décision et de performance.
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Prenez rendez‑vous avec notre expert :
Axel DELAVIEZ – a.delaviez@elan-france.com
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Sources
Décret BACS - Décret n° 2020‑887 du 20 juillet 2020 - https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042128488/
Décret Tertiaire - Décret n° 2019‑771 du 23 juillet 2019 - https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038812251
Loi APER - Loi n° 2023‑175 du 10 mars 2023 - https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047294244
Loi DDADUE - Loi n° 2025‑391 du 30 avril 2025 - https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051538879
RE2020 - https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
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