• Camille BERTIN

Plaine Commune poursuit son engagement dans l’économie circulaire

Mis à jour : 18 juin 2018

Retour sur l’événement de l’IAU : stratégies territoriales et économie circulaire.


Ce 29 mai 2018 l’institut d'aménagement et d’urbanisme a organisé une conférence autour de l’économie circulaire et des stratégies territoriales.

La première partie de l’événement avait pour vocation de comprendre comment les collectivités franciliennes s’engagent.


Les démarches de la ville de Paris comme celles déjà bien connues du plan économie circulaire et de la maison des canaux ont donc été rappelées et des projets moins médiatisés pour le moment comme celui du quartier des deux rives ont été cités.


Ce type d’événement permet de comprendre les évolutions globales du marché mais malheureusement il ne donne pas assez de détails sur les projets. Pour ne pas rester sur ma faim j’ai donc contacté une des intervenantes : Justine Emringer afin qu’elle nous donne plus d’informations sur son projet.



3 QUESTIONS A JUSTINE EMRINGER


Bonjour Justine, tu es cheffe de projet métabolisme urbain au sein de Plaine Commune pour qui tu portes le projet « Métabolisme urbain ». Est-ce que tu peux me dire concrètement ce qu’il s‘est passé sur le projet dans les 3 derniers mois ?


Justine Emringer (JE) : Nous avons travaillé sur plusieurs volets : les diagnostics, les marchés, le foncier, les outils et les partenariats.



Concernant les diagnostics le groupement a réalisé les diagnostics gisements sur 10 des 30 bâtiments à déconstruire. Ces diagnostics ont pour but d’identifier les produits/matériaux réemployables et les déchets recyclables.


Dans le cadre du renouvellement de son marché à bons de commandes qui s’opère tous les 4 ans, Plaine Commune a intégré de nouvelles clauses en lien avec l’économie circulaire. Ces clauses sont celles issues des travaux de Democles. Ce marché à bons de commandes concerne les travaux d’entretien, de grosses réparations, d’amélioration, de réaménagement des équipements territoriaux et installations diverses du patrimoine (équipements sportifs, médiathèque, maison de l’emploi, siège social…). Il s’est décomposé en 10 lots (démolition, menuiseries, plomberies, peinture…).

Le but de cette décomposition par lot est de permettre à des plus petites entreprises de se positionner et par la même occasion d’être formées à l’économie circulaire.


La recherche de foncier est le volet le plus complexe de notre projet. Nous avons réuni les différents chefs de projets de la Direction de l’aménagement de Plaine Commune pour trouver avec eux du foncier disponible afin d’entreposer, de trier, de remettre en état et de valoriser les produits, matériaux ou déchets issus de nos chantiers.


Sur les 30 sites étudiés, 6 présentent un foncier potentiel permettant d’envisager ce type d’installation et donc de relocaliser la gestion des flux sur le territoire de Plaine Commune. En revanche une analyse complète de ces sites doit encore être faite afin de prendre en compte différents paramètres (zones couvertes ou non, temps de disponibilité, présence de riverains à proximité…) et déterminer le réel potentiel de ces zones.


Les outils informatiques - En parallèle des 30 sites étudiés dans le cadre du projet Métabolisme Urbain, Plaine Commune participe à la démarche de « Démonstrateur Industriel pour la Ville Durable », via son projet RSU - Rêve de scènes urbaines. Dans ce cadre, l’un de nos projets consiste à tester la plateforme numérique de réemploi « Cycle up », pour laquelle nous sommes en train d’identifier des sites expérimentaux permettant de tester l’outil.


Les partenaires - Dans le cadre des jeux olympiques et paralympiques, une « Convention de coopération JOP 2024 » a été signée entre les différents acteurs. Basée sur les grands axes d’engagements des JOP 2024, la convention porte notamment l’accent sur l’importance de stimuler l’innovation technologique, sociale et environnementale en visant l’exemplarité environnementale par des objectifs ambitieux, y compris en matière d’économie circulaire. Cette collaboration a donné lieu à la création d’une feuille de route avec des plans d’actions, des groupes de travail, des objectifs concrets et des livrables.


Sur le sujet de l’économie circulaire appliquée au BTP, trois groupes de travail se sont ainsi montés :

  • L’expérimentation des filières de réemploi et de réutilisation, avec un sujet sur le transport par voies fluviales,

  • La gestion du foncier et la bonne attribution des espaces permettant de créer des plateformes de valorisation et de mailler le territoire,

  • Le partage des retours d’expérience pour partager l’expertise avec notamment des visites de sites à destination des élus


Par ailleurs, Plaine Commune est devenue membre de Circolab, association qui vise à promouvoir l’économie circulaire dans le secteur de l’immobilier et de la construction, et qui regroupe un certain nombre d’acteurs sur le sujet du réemploi des matériaux du BTP. Cela permet au territoire de partager ses réflexions, avancées, freins sur le sujet, et ainsi d’accélérer la mise en œuvre opérationnelle de ces démarches dans les projets urbains.


La pédagogie - Pour que les habitants soient au courant de notre projet et qu’ils comprennent les enjeux, nous réfléchissons actuellement à la création d’un atelier de sensibilisation sous forme de jeux.


Génial ça avance ! Quelles sont les prochaines étapes à court terme ?

JE : Nous devons finir les diagnostics gisements afin d’identifier les filières pour lesquelles il nous faut accompagner le déploiement en fonction des flux ce qui ressortiront systématiquement.


Ensuite nous intégrerons des clauses prescriptives dans les cahiers des charges des entreprises qui seront impliquées dans la construction, en mobilisant systématiquement nos partenaires (aménageurs, bailleurs, promoteurs…) dans la démarche.


En parallèle, nous devons accompagner la montée en compétences des différents métiers pour garantir que le savoir-faire est bien au rendez-vous au fur et à mesure de nos développements de projets.


Le travail qu’il nous restera à faire (et qui est très compliqué) sera de structurer les indicateurs pour prouver l’efficience du projet (réduction de l’impact carbone, économies financières, création d’emploi…).


Alors Justine, à titre personnel sur ce projet, quelle est la chose qui te fait le plus plaisir et quelle est celle qui t’embête le plus ?

JE : J’avoue que le fait que les élus se soient parfaitement saisis du sujet, en aient compris l’ampleur et qu’ils se mobilisent pour le promouvoir de manière ambitieuse est très enthousiasmant.


La réticence au changement et le temps nécessaire pour faire bouger les choses est plus complexe à gérer : beaucoup de freins restent à lever, et je passe encore beaucoup de temps à faire de la sensibilisation sur la nécessité de mener ce genre de démarche, et sur des aspects administratifs, alors qu’il y a une urgence à rentrer dans le concret.



Pour rappel présentation du projet métabolisme urbain

Figure 1 : présentation du projet métabolisme urbain - extrait de l'atlas des grandes fonctions métropolitaines section déchet (p88) de l'APUR

https://www.apur.org/fr/nos-travaux/atlas-grandes-fonctions-metropolitaines


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