• Camille BERTIN

ÊTRE OU AVOIR ? RÉBELLION CONTRE LA SOCIÉTÉ DE CONSOMMATION



Revendre, donner ou jeter ? Voici les questions qui nous reviennent systématiquement au moment de déménager ou d’engager des travaux chez soi.


« Comment je vais réussir à replacer cette applique murale ? Je l’ai assez vue, je veux du neuf dans mon nouveau salon. »

Bel exemple de notre joyeuse société de consommation ! Une belle dérive de notre modèle, merci la pub : plus on vend, plus on achète, plus on crée de la croissance et plus on est content ! Vraiment ?



Plaisir, praticité, responsabilité et rébellion


A titre individuel, renouveler notre intérieur nous paraît naturel, mais imaginez la même situation pour un immeuble entier de bureaux, aménagé il y a 5 ans. 600 bureaux neufs considérés comme déchets prêts pour la poubelle, gênant non ? Dans une entreprise, qui s’en charge ? Qui souhaite récupérer du « déjà utilisé » ? Dans quel état ?


L’entreprise affiche son image de marque et souhaite briller grâce à ses nouveaux locaux, bien propres et lisses, à l’image de la « boite » et ça se comprend, à 8000 euros du mètre carré ! Néanmoins, à l’heure où la quête de sens guide de plus en plus le choix des gens pour sélectionner le métier et l’entreprise dans laquelle travailler, quoi de mieux que d’associer qualité et éthique écologique ?



Un gisement important, mais combien d’acheteurs réels ?


Là où certains voient des déchets, les acteurs responsables déjà engagés dans cette démarche voient de nombreuses opportunités d’économies : moquettes, faux plafond, éclairages, appliques, groupes froids, quincaillerie… quel gisement !


Ils rencontrent malheureusement de nombreux freins réglementaires pour réemployer dans leurs projets neufs ces anciens luminaires, portes, tables…. Mais qui sont ces acteurs prêts à acheter des équipements d’occasion pour un projet neuf ? Quels sont ces freins réglementaires ? Où en est l’état ?



L’importance de jouer collectif


Quel est le point fort commun entre l’équipe de foot de France en coupe du monde et la nature ? Le collectif. Chacun met sa valeur ajoutée au service d’un groupe qui tend ainsi vers le « 0 déchet ».


Pour promouvoir le réemploi, de nombreuses structures se développent (et on les remercie), les Repair Café, Recyclerie, Cycle Up , Matabase, Batiphoenix, Mobius, Démoclés, Circolab… On voit même déjà fleurir les premiers référencements et comparaisons de ces outils numériques.


Visiblement le marché est là et les acteurs se prennent en main ! En revanche, pour les nouveaux curieux, difficile d’y voir clair ! Qui fait quoi ? Comment trouver les garde-corps à réemployer les plus proches de mon chantier ? C’est rentable ? Juridiquement je m’engage à quoi ?


On se dit clairement que le réemploi est efficient s’il est réalisé à l’échelle locale, alors :

  • Avis à la métropole pour créer une plateforme numérique qui agrège le référencement des produits disponibles, les projets neufs à venir et les espaces de stockage disponibles

  • Avis aux laboratoires d’essais, bureaux de contrôle et assureurs pour accompagner les acteurs sur les sujets de responsabilité, d’assurance et de garantie afin de permettre la mise en place de produits réemployés tout en évitant de faire grimper les primes d’assurance

  • Avis aux collectivités pour libérer des terrains afin de stocker ces flux au plus près du besoin et éviter les surcoûts engendrés par le transport (Relire 3 QUESTIONS A JUSTINE EMRINGER)

  • Avis aux ministères et organismes publics pour faciliter les expérimentations et faire évoluer les réglementations

  • Avis aux entreprises pour cesser de se limiter dans les innovations

  • Avis aux architectes pour s’inspirer des gisements existants dans la conception de nouveaux projets

  • Avis aux acheteurs pour s’orienter vers une politique d’achat circulaire



Alors, être ou avoir ?


A bien y penser notre vie est un empilement de choix orientés par nos préoccupations du moment. Depuis le choix de nos vêtements le matin jusqu’au choix des orientations de nos projets professionnels, nous sommes tous des porteurs de sens potentiels.


En se posant ces questions, en réfléchissant à l’impact de chacun de nos choix, en évaluant le potentiel de nouvelles solutions, nous pouvons tous être acteurs du changement.


Est-ce que le bonheur tant recherché réside vraiment dans le fait d’avoir du neuf et de le montrer ou bien de faire des choix responsables et de les assumer ? Qui voulez-vous devenir : celui qui « a » ou celui qui « est » ?



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